Les premiers frimas de l’automne sont arrivés, mêlant mélancolie et apaisement. À l’intérieur de la maison, je retrouve ce plaisir du cocon douillet, cette douce chaleur du feu dans la cheminée. Par la fenêtre, mon regard flotte et vient se poser sur la vieille chaise en bois sous l’olivier. Son bois est grisé par le temps. La patine des éléments lui donne un air de ressemblance avec le tronc de l’arbre qui lui a offert un toit depuis tant de saisons…Sa solitude est comme un appel : « Viens me rejoindre, je t’attends », semble-t-elle me dire doucement. Mon amie, toi qui as si souvent été le support de mes méditations matinales, toi sur laquelle je me suis reposée chaque jour d’été après les travaux du jardin, savourant l’ombre que nous offrait l’arbre aux olives, je ne peux te rejoindre maintenant : le temps est venu pour toi de regagner ton abri d’hiver.Tu retrouveras ta place une fois le printemps revenu. Tes pieds à nouveau posés dans la jeune herbe, tu m’accueilleras pour une nouvelle saison, heureuse de m’offrir encore le repos de ton vieux bois.